Grandes caractéristiques
Grandescaractéristiques EPISODE 2
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Grandescaractéristiques EPISODE 2
1
Un art rituel

Les œuvres que l’on va découvrir dans cet épisode ont un point commun : elles n’ont pas juste été créées pour « faire joli ».

Que ce soient des masques ou des statuettes, elles ont une fonction rituelle bien précise, souvent liée au monde du sacré.

Masque zoomorphe « ejumba »
19e siècle, culture Diola, Sénégal, vannerie, 123 x 30 x 24 cm, musée du Quai Branly – Jacques Chirac, Paris. Photo : © musée du quai Branly – Jacques Chirac, Dist. RMN-Grand Palais / Patrick Gries
Masque anthropomorphe
20e siècle, culture Yoruba, Afrique de l’Ouest, bois, 24 x 30 x 20 cm, musée du Quai Branly – Jacques Chirac, Paris. Photo : © musée du quai Branly – Jacques Chirac, Dist. RMN-Grand Palais / Sandrine Expilly
Chaise de chef
19e siècle, culture Tshokwé, bois dur patiné, cuir, clous de laiton, 68 cm de hauteur, Musée de Brooklyn, New York. Photo : Brooklyn Museum CC BY 3.0
Sceptre de chef « kibango »
19e siècle, culture Luba, bois, 131 x 125 x 125, musée du Quai Branly – Jacques Chirac, Paris. Photo : © musée du quai Branly – Jacques Chirac, Dist. RMN-Grand Palais / Patrick Gries
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Certaines œuvres africaines ont une fonction bien précise et servent lors de rites religieux.

2
Les masques africains

Voici un cliché tenace dès que l’on parle de culture africaine : les masques. Attention, ils ne se limitent pas aux simples morceaux de bois accrochés aux murs des musées !

Au contraire, en Afrique, un masque est un « tout » : il y a certes la partie en bois, mais aussi le costume qui cache le corps du porteur, les accessoires, la danse… Le masque devient alors un support au travers duquel les esprits se matérialisent au sein de la communauté.

Salle d’exposition de masques africains au Seattle Art Museum, aux États-Unis
Photo : Wonderlane, CC BY 2.0
Extrait de Sortie de Masques au Pays Dogon,
2014, Mali

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Les masques africains, composés de costumes, d’accessoires ou encore de danse, permettent la manifestation des esprits.

3
L’animisme
Mais de quels esprits parle-t-on ?

Historiquement, dans la plupart des religions africaines, il y a un Dieu suprême à l’origine de la création du monde. Mais il s’est détaché de l’humanité au point de devenir complètement inaccessible !

 

Pour résoudre leurs tracas, les humains doivent recourir à des intermédiaires, des divinités secondaires : les esprits. C’est ce qu’on appelle l’animisme (en latin, « esprit » se dit anima).

 
Attention, ces divinités secondaires sont loin d’être de charmantes créatures. Il faut les honorer régulièrement pour éviter qu’elles ne causent de graves troubles !

Extrait du documentaire Yenendi: Les hommes qui font la pluie, 1951, réalisé par Jean Rouch
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Historiquement, la plupart des sociétés africaines sont animistes : elles honorent des divinités secondaires, les esprits.

4
Les gardiens de reliquaire

Parmi les divinités secondaires, on trouve aussi les ancêtres. Lorsque des personnages importants meurent, ils peuvent continuer à influer sur la vie de leurs descendants.

 

Au Gabon, jusqu’au 20e siècle, les populations Fang et Kota mettaient leurs morts importants dans des petites boîtes. Les ossements étaient placés dans des reliquaires, des paniers surmontés d’une figure gardienne, et conservés dans la maison du chef ou sur la place du village.

 
Le rôle de ces figures ? Symboliser la présence de l’ancêtre et veiller jalousement sur ses ossements.

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Statue de gardien reliquaire « Kota », 19e siècle, population Kota, alliage cuivreux et bois, 60 x 44 cm, Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, Paris. Photo : © musée du quai Branly – Jacques Chirac, Dist. RMN-Grand Palais / Claude Germain

Chez les Kota, la figure gardienne est en métal brillant, avec des formes très géométriques.

Figure masculine gardienne de reliquaire, 19e siècle, population Fang, bois, 51 x 15 x 12 cm, Philadelphia Museum of Art, Philadelphie. Photo : © The Philadelphia Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / image Philadelphia Museum of Art

Chez les Fang, elle est en bois sombre et les formes sont plus naturalistes.

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Les corps des ancêtres étaient précieusement conservés par certaines populations du Gabon, et surveillés par des figures gardiennes.

5
Des artistes anonymes ?

Quand le visiteur découvre un objet africain dans un musée, il lui manque bien souvent une précieuse indication : le nom de l’artiste. Cet « oubli » a ancré l’idée que l’artiste africain était anonyme.

 

Ce silence est souvent dû à l’indélicatesse des collecteurs qui, bien souvent, ne prenaient pas la peine de relever le nom du créateur.

 
Or dans certaines régions, les artistes jouissent d’un grand prestige ! Au Nigeria par exemple, chez les Yoruba, on a même composé des chants en l’honneur du sculpteur Olowe d’Ise…

Olowe d’Ise, Poteau figuratif
 20e siècle, bois gravé, pigment, 152 x 31 cm, The Art Institute of Chicago. Photo : © Art Institute of Chicago, Dist. RMN-Grand Palais / image The Art Institute of Chicago
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Contrairement aux idées reçues, les artistes africains étaient reconnus mais leurs noms n’ont souvent pas été relevés par les collecteurs occidentaux.

Pour résumer, vous avez découvert :

  • Un art rituel
  • Les masques africains
  • L’animisme
  • Les gardiens de reliquaire
  • Des artistes anonymes ?
Pour s’entraîner

Les œuvres d’art africaines dans les musées n’ont souvent aucun nom d’artiste associé car…

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Historiquement, la plupart des sociétés africaines sont…

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Les figures qui surmontent les ossements d’ancêtres servent à…

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